La peinture de Céramano se distingue de la plupart des représentations de cet incendie. Là où les autres artistes et les photographes privilégient le spectaculaire – les flammes dévorant la forêt, l'intervention des pompiers ou encore les chênes emblématiques, comme le célèbre Clovis, en train de brûler –, Céramano fait un choix radicalement différent. Il ne montre ni arbres identifiables, ni figures humaines, mais un paysage silencieux, vidé de toute agitation.
L'artiste saisit l'instant qui suit le drame, lorsque le feu s'est presque éteint. Au premier regard, rien ne révèle véritablement l'incendie. Ce n'est qu'en observant attentivement la toile que le visiteur découvre, disséminés dans le paysage roussi, de fins panaches de fumée blanche s'élevant encore du sol. Ces discrets indices révèlent peu à peu la catastrophe qui vient de se produire. Plutôt que de représenter la violence des flammes, Céramano en peint les traces, invitant le spectateur à une contemplation lente et à une prise de conscience progressive.