Communiqué de presse, Musée des peintres de Barbizon

Format / Paysage : Marcher dans la peinture - Sandrine Morsillo / Patrick Lipski - 3 mars au 24 septembre 2012

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Exposition FORMAT/PAYSAGE : MARCHER DANS LA PEINTURE Sandrine Morsillo/Patrick Lipski

Le titre renvoie au « format paysage », ce format allongé utilisé pour la peinture de paysage. Le signe « slache » placé entre format et paysage est un clin d’oeil au langage internet, qui indique que « paysage » est contenu dans « format ».

Origine du travail

Lors d’une précédente exposition au musée d’art et d’histoire de Brunoy, Sandrine Morsillo avait reconstitué un cabinet de peintures à partir de peintures de paysages du XIXe siècle et d’aujourd’hui. Elle y avait introduit des monochromes verts et des photographies de pollutions diverses. Une façon de réfléchir à la représentation du paysage et de rappeler que le paysage est avant tout une représentation mentale et une expérience irréductible à sa représentation visuelle.

Qu’est-ce qu’un paysage ?

Les peintres au XIXe siècle sont partis peindre sur le motif afin d’être immergés dans la nature… Mais, le paysage reste un point de vue cadré. C’est bien alors le cadre qui règle la représentation. Pourtant selon le philosophe Maurice Merleau-Ponty « le monde est autour de moi, non devant moi. »

Le viseur télescopique.

Sandrine Morsillo a fabriqué un objet hybride formé d’un chevalet portable de peintre et de deux grilles conçues pour rappeler ces appareils qui permettaient de saisir un paysage en perspective. La grille rappelle la fenêtre, celle-ci sert de cadre « qui, l’isolant, l’enchâssant dans le tableau, institue le pays en paysage. ».

Comment alors sortir du cadre ? Redonner de l’espace au paysage ?

L’installation de toiles « format paysage » monochromes sur les montants des fenêtres et sur les murets, les contremarches colorées dans l’escalier et les revêtements sur les tomettes au sol spatialisent la peinture en la diffusant dans tout l’espace du musée. La peinture sort du cadre du tableau et le spectateur devient alors « marcheur dans la peinture». Il reprend la marche du peintre dans la forêt. Le temps de la perception et de la contemplation du tableau est alors modulé par le spectateur, dans sa démarche.

Si les peintres paysagistes ont préparé leurs couleurs en étant dans la nature, Sandrine Morsillo reprend les couleurs des tableaux pour nous replacer au coeur de la nature vue par les peintres.

Les nuanciers ont été fabriqués à partir des oeuvres suivantes :

  • Camille Corot - Rochers dans la forêt de Fontainebleau
  • Eugène Lavieille - Barbizon sous la neige
  • François Ortmans - Paysage dans la forêt de Fontainebleau
  • Georges Gassies - Coucher de soleil, forêt de Fontainebleau

Cadre/décadrer/encadrer

Série de cadres dorés fichés dans un fer à béton

Ce dispositif de cadres fichés dans des fers à béton est un écho aux viseurs qui cadrent la représentation et en même temps aux cadres des tableaux autrefois indispensables pour « autonomiser » les oeuvres dans l’espace visible.

Par le cadre, le tableau devient objet de contemplation. Bords et débords, il permet le cadrage de la représentation. La multiplication des cadres et des positions différentes renforce l’idée de points de vue multiples. Le point de vue est partout, à partir du moment où l’on pose son regard en un point : dessus, dessous, en haut, en bas…. Le face à face avec l’oeuvre est revu.

Dans la peinture

Le vert « couleur de la nature », est indissociable de la représentation du paysage. Les toiles monochromes exposées sont autant de nuances que celles offertes par la nature.

D’ailleurs, Picasso qui alla peindre à Fontainebleau en 1921, disait : « Je me promène dans la forêt de Fontainebleau. J’y attrape une indigestion de vert. Il faut que j’évacue cette sensation sur un tableau. Le vert y domine.»

Inviter Patrick Lipski, un principe d’hospitalité ?

Quoi de plus naturel que d’ « héberger » un visiteur dans cette auberge ? Accueillir l’Autre, dans sa différence picturale, c’est ici s’ouvrir à la représentation du corps fragmenté. Patrick Lipski a installé des silhouettes en déplacement, une figure de l’artiste nomade chargé de son matériel faisant écho à la figure peinte jadis dans le premier dortoir. Des papiers jonchent le sol comme autant d’esquisses des dessins muraux en train de se faire…